Il avait rêvé d'Israël comme d'une terre de liberté. Il allait découvrir le prix de l'ailleurs.
« Celui qui est partout n'est nulle part. »Sénèque — Lettres à Lucilius, II
Lorsque son jeune neveu lui propose de le rejoindre en Israël pour travailler à ses côtés, Marc n'hésite pas longtemps. Franco-israélien, hyperactif et convaincu qu'une autre vie l'attend, il quitte la France avec l'enthousiasme de ceux qui pensent enfin rejoindre leur véritable place.
De Tel Aviv à Netanya, entre projets, rencontres, espoirs et déconvenues, la promesse d'une existence nouvelle se fissure peu à peu. Derrière la lumière de la ville blanche et l'horizon de la Méditerranée apparaissent une autre réalité, d'autres règles et le poids inattendu de l'exil.
Marc devra finalement apprendre qu'un ailleurs longtemps rêvé peut devenir une prison, et que revenir ne signifie pas nécessairement retrouver la vie que l'on avait laissée.
Goodbye, Tel Aviv est un récit autobiographique sans fard sur le déracinement, la désillusion et la difficulté de choisir entre deux pays auxquels on appartient sans jamais appartenir complètement à aucun.
« Tel Aviv. Je sortais de mon appartement. Je venais d'emménager dans ce nouveau complexe en plein centre, à côté des tours Azrieli. Mon appartement était niché au dixième étage d'une tour qui en comptait cinquante, avec une vue splendide sur la ville et, au loin, sur la mer. »
Parce que ce que j'avais vécu ne ressemblait à rien de ce qu'on m'avait raconté sur l'expatriation. Ni au rêve vendu par les uns, ni à la caricature agitée par les autres. Il manquait un récit honnête, vécu de l'intérieur, sur ce que coûte réellement un ailleurs — et j'étais bien placé pour l'écrire.
Marc me ressemble beaucoup, forcément. Mais le roman m'a permis une chose que la mémoire seule ne permet pas : le regarder de l'extérieur, avec ses illusions, ses erreurs et son énergie. Tout ce qui lui arrive est vrai. La distance, elle, est littéraire.
Qu'on n'a pas besoin d'être juif, israélien ou expatrié pour se reconnaître dans ce livre. Chacun a son Tel Aviv : un lieu, un projet, une personne sur laquelle on a tout misé. La vraie question du roman, c'est ce qu'on devient quand cette promesse ne tient pas.
« Je n'ai pas écrit ce livre pour juger un pays. Je l'ai écrit pour raconter ce qu'un homme devient lorsque le rêve qu'il poursuivait rencontre la réalité. »Michael Brenner