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Couverture du roman Goodbye, Tel Aviv de Michael Brenner
Roman autobiographique · Volume I

Goodbye, Tel Aviv

Disponible

Il avait rêvé d'Israël comme d'une terre de liberté. Il allait découvrir le prix de l'ailleurs.

Volume I · Broché & Kindle · 554 pages · 15 × 21 cm · Français

L'histoire

Lorsque son jeune neveu lui propose de le rejoindre en Israël pour travailler à ses côtés, Marc n'hésite pas longtemps. Franco-israélien, hyperactif et convaincu qu'une autre vie l'attend, il quitte la France avec l'enthousiasme de ceux qui pensent enfin rejoindre leur véritable place.

De Tel Aviv à Netanya, entre projets, rencontres, espoirs et déconvenues, la promesse d'une existence nouvelle se fissure peu à peu. Derrière la lumière de la ville blanche et l'horizon de la Méditerranée apparaissent une autre réalité, d'autres règles et le poids inattendu de l'exil.

Marc devra finalement apprendre qu'un ailleurs longtemps rêvé peut conduire à une profonde désillusion, et que revenir ne signifie pas nécessairement retrouver la vie que l'on avait laissée.

Extrait du premier chapitre

I

Ouganda, juillet 2018

Tel-Aviv. Je sortais de mon appartement. Je venais tout juste d'emménager dans un nouveau complexe du centre-ville, près des tours Azrieli et de leur immense centre commercial. Ce quartier s'appelait Midtown, comme à New York. Ce n'était pas là que j'avais commencé ma vie en Israël : j'y vivais déjà depuis deux ans. Mon appartement était niché au dixième étage d'une tour qui en comptait cinquante. C'était un trois-pièces moderne, très lumineux, avec une vue splendide sur la ville et, au loin, sur la mer et le port, le Namal, lorsque les conditions météorologiques le permettaient. La résidence, résolument moderne et dotée des dernières technologies, possédait une piscine et une salle de sport. Elle comptait parmi ses habitants des acteurs, des sportifs et d'autres célébrités.

J'étais d'abord venu en Israël pour le travail. Avant cela, j'habitais en France. J'étais marié et père de trois enfants.

Pour ma part, étant israélien par mon père, j'avais déposé une demande auprès de l'ambassade d'Israël en France en 2008 et obtenu mon passeport israélien. En tant que nouvel immigrant, vous bénéficiez de certains avantages, comme la non-imposition de vos revenus extérieurs et différentes allocations selon votre statut. La communauté française est très présente. Elle se compose d'intellectuels, de médecins, de dentistes, de comptables, de commerçants et, pour ce qui nous intéresse ici, d'une main-d'œuvre attirée par l'eldorado des centres d'appels. Ces structures francophones recrutent de nombreux Juifs issus de l'immigration française. Elles permettent à tout nouvel arrivant de s'intégrer par le travail, sans qu'il soit nécessaire de parler hébreu. Quelle chance, pour ces nouveaux arrivants, de pouvoir trouver un travail presque immédiatement ! Nul besoin d'être diplômé : il suffit de savoir vendre, peu importe le produit.

La mécanique est bien huilée : on vous forme, puis on vous jette directement dans le bain. Ces centres d'appels vendent des produits ou des services : assurances, formations, fournitures de bureau, isolation, photovoltaïque, voyages, sécurité, systèmes informatiques, finance, placements, recrutement… et cette liste est loin d'être exhaustive. Certains exercent une activité tout à fait légale ; d'autres, non. Le rêve vendu aux futurs immigrants ne représente pas la réalité. Ce pays est très dur.

Beaucoup viennent avec de l'espoir, avec l'intention d'exercer un travail honnête mais, face à la dureté de la vie, certains optent pour un travail illégal (faux placements, faux crédits, Forex, diamants, cryptomonnaies…) où la rémunération est particulièrement attrayante.

Il était presque dix heures du matin. J'allais récupérer mon scooter au parking de mon ancien immeuble, où vivait encore Sarah. Le temps était idyllique. À vrai dire, fin juillet, dans la Ville blanche1, ce temps n'avait rien d'exceptionnel : il y faisait beau huit mois par an. Je pris l'ascenseur. En arrivant dans le lobby, les portes s'ouvrirent. Je vis trois grands gaillards. Ils m'empêchaient de sortir. L'un d'eux me montra sa carte de police et commença à me parler. Je l'interrompis.

— English or French, Mister!

— Mister Cohen, you are under arrest!

Il me mit les menottes. J'étais impressionné : c'était une première pour moi.

Note : 1. La Ville blanche est le surnom de Tel-Aviv.

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